Idiotismes Gastronomique

Un idiotisme gastronomique est une locution qui emprunte des termes liés à la nourriture, l'alimentation et la cuisine comme métaphore.

Vous savez qu'une des préoccupations majeures des humains concerne l'alimentation. C'est peut-être pour cette raison qu'il existe en français (ainsi que dans d’autres langues) autant d'expressions relatives à la nourriture et à ce qui se mange en général

Mettre de l’eau dans son vin : Modérer ses exigences

Il y a de l’eau dans le gaz : Il va y avoir une dispute. Cette expression fait référence au domaine de la cuisine. Il s'agit en fait d'une traduction littérale d'un phénomène physique. Lorsque de l'eau pénétrait dans les trous de la gazinière, la flamme changeait de couleur, et manquait de s'éteindre. En même temps, le bruit provoqué par l'évaporation de l'eau rappelait celui précédant une explosion. De là, cette explosion a pu être assimilée à des paroles fortes, autrement dit à des disputes.

Compte là-dessus, bois de l’eau : N'espère pas obtenir quoi que ce soit 

C’est clair comme de l’eau de roche : En ancien français, le mot "roche" signifiait "cave". L'"eau de roche" était en fait l'eau de source, réputée pour sa limpidité et sa transparence. C'est sur ces caractéristiques qu'est née l'expression "clair comme de l'eau de roche" que l'on utilise pour dire qu'un acte ou une parole est "transparente", c'est-à-dire lorsque sa signification est évidente.

En avoir l’eau à la bouche : Attiser l’envie.  Lorsque vous avez faim et que vous faites face à un plat que vous appréciez particulièrement, la réaction physique habituelle est de se mettre à saliver. C'est de ce phénomène connu de tous qu'est venue cette expression, qui est utilisée depuis le XVe siècle sous différentes formes.

 Être comme un poisson dans l’eau : Être très à l’aise.

À l’eau de rose : Mièvre, fade, insipide, sentimental (en parlant généralement d'une œuvre comme un livre ou un film)

Ne pas dire : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau : Il ne faut pas jurer que l’on n’aura jamais besoin de telle chose ou de telle personne, que l’on ne fera  jamais telle chose. Il ne faut jurer de rien.

Entre deux eaux : Dans une situation intermédiaire

Se noyer dans une goutte  (dans un verre) d’eau : Être incapable de faire face (sereinement) à la moindre difficulté. Être complètement perdu une fois confronté au moindre changement.

Une tempête dans un verre d’eau : Beaucoup d'agitation et de polémiques pour pas grand-chose.

 Entre deux vins : Un peu ivre

Offrir un pot de vin : Verser une somme en échange d’une faveur

Avoir le vin gai : Être gai après avoir bu

Avoir le vin triste : Être triste après avoir bu

Cuver son vin : Dissiper son ivresse

Ce n’est pas de la petite bière : C’est important

Sabler le champagne : Boire le champagne pour fêter un évènement

 Qui a bu, boira : Un défaut devenu une mauvaise habitude est indélogeable. Mais ce proverbe est avant tout une définition désabusée et fataliste de l'alcoolisme.

Boire la tasse : 1/ avaler de l'eau en se baignant 2/ subir un fiasco financier

Ce n'est pas ma tasse de thé : Je n'aime pas, ça ne m'intéresse pas.

Être bourré comme un coing : Complètement soûl.

Le vin est tiré, il faut le boire : Lorsqu’on est engagé on ne recule pas

Avoir le vin mauvais : Être agressif après avoir trop bu.

Avoir / Prendre de la bouteille : Vieillir (en se bonifiant). Acquérir de l’expérience, de la maturité.

Rester en carafe : Rester tout seul, être oublié. Ne pas trouver ses mots (pour un orateur)

Travailler pour des cacahuètes (ou pour des haricots, ou pour des prunes chacun son truc) : Travailler pour rien.

 Être soupe au lait : Qui change rapidement d'attitude, qui s'emporte brutalement

Faut pas cracher dans la soupe : Critiquer vivement ce qui permet de vivre

Arriver ou tomber comme un cheveu sur la soupe : Arriver ou tomber mal à propos.

La soupe à la grimace : repas ou situation en présence d'une personne de très mauvaise humeur. 

 Mettre quelqu’un sur le gril : Dans une situation pénible ou embarrassante, être anxieux, impatient

Origine : Expression française qui puise ses origines dans la Bible par allusion au martyre saint Laurent qui mourut brûlé vif sur un grill.

Pleurer comme une Madeleine : Aujourd'hui, "pleurer comme une Madeleine" signifie d'une personne que ses pleurs sont excessifs ou non justifiés. Cette expression fait référence à la Bible et plus précisément à l'histoire de Marie. Marie était une ancienne prostituée qui confessa tous ses péchés à Jésus. Lors de sa confession, elle pleura toutes les larmes de son corps.

Rouge comme une tomate : Cette expression est apparue dans les années 60 et fait référence à la couleur rouge des joues, lorsqu'une personne a une forte émotion : colère, timidité, sentiment amoureux. 

Ramener sa fraise : Cette expression argotique date du XXème siècle. La fraise désigne alors la tête. Autrement dit lorsque quelqu'un ramène sa fraise, c'est qu'une personne s'approche. Avec le temps, cette expression familière a évolué, et est utilisée pour qualifier une personne qui intervient de façon inappropriée dans une conversation.

On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre : On n'obtient rien de personne en étant désagréable.

À la noix : Sans valeur. Mal fait. Médiocre.

Se mettre la rate au court-bouillon - Se faire du souci

Avoir la patate, la pêche, la banane : Être en bonne forme, être dynamique, avoir le moral au beau fixe.

 Aux petits oignons : Avec beaucoup de soins et/ou d'attention. Parfait, très bien.

Mi-figue, mi-raisin : Au XVe siècle, l'expression, avec 'moitié' au lieu de 'mi', voulait dire soit 'mêlé de bon et de mauvais', soit 'tant bien que mal'. Au XVIe siècle, elle contenait aussi une notion de réciprocité, lors d'un partage de tâches pour arriver à une œuvre commune, l'un s'occupant de la figue, l'autre du raisin.
C'est au XVIIe siècle qu'elle prend le sens utilisé encore aujourd'hui en y ajoutant aussi la signification 'moitié forcé, moitié consentant'. L'apparition du 'mi' au lieu de 'moitié' est plus récente et daterait du XVIIIe siècle.

Couper la poire en deux : Partager / répartir équitablement quelque chose.  Décider un compromis. Renoncer à une partie de ses prétentions

Rouler dans la farine : Duper quelqu'un, lui mentir

En deux coups de cuillères à pot : très rapidement, sans difficulté apparente

Avoir les yeux plus gros que le ventre - se surestimer : "Avoir les yeux plus gros que le ventre" était un peu différent au XVIIe où on disait, logiquement, "avoir les yeux plus grands que la panse".

Tourner en eau de boudin - situation qui dégénère. Comme souvent pour les expressions, l'origine est trouble (comme du jus de boudin) et controversée. Ici on pense que l'eau susnommée serait celle dans laquelle on rince les boyaux avant la fabrication du boudin, donc une eau un peu souillée et impossible à récupérer.

Finir en jus de boudin : se terminer sans résultats, ne pas aboutir  

S'en aller en eau de boudin: Partir en déconfiture. Aller à l'échec. Mal tourner.

Chanter comme une casserole : Chanter faux

Appuyer sur le champignon ; Accélérer en voiture ou en kart (pas en moto). Dans les toutes premières voitures, l'accélérateur était en fait une tige avec une boule au bout qui rappelait un champignon.

Mettre les pieds dans le plat : Aborder une question délicate avec une franchise brutale. Commettre une bévue grossière, un grave impair, une indiscrétion impardonnable.

En faire tout un plat : donner une importance démesurée à qqch.

Du passé, faire table rase : Tout effacer pour repartir à zéro.

Mettre les petits plats dans les grands : Faire des frais pour plaire.

En faire tout un fromage : Faire toute une histoire pour pas grand-chose grossir à l'extrême une difficulté

Remuer le couteau dans la plaie : Réveiller, entretenir une souffrance morale. On accentue la douleur morale d’autrui en évoquant un souvenir désagréable pour cette personne.

À couteaux tirés : Être dans une situation de grande hostilité

Passer à la moulinette : Détruire une réputation

Passer à la casserole : Mourir (de mort violente). Subir une épreuve désagréable, être mis dans une mauvaise situation. Pour une femme, être dans l'obligation d'accepter l'acte sexuel ou s'y prêter pour la première fois.

Traîner des casseroles : Avoir été compromis dans une affaire douteuse. Traîner, dans sa réputation, les conséquences négatives d'un acte passé.

Une fourchette de prix : Gamme de tarifs.

Avoir un bon coup de fourchette : Manger beaucoup.

En avoir ras le bol : En avoir assez, être exaspéré en général ou par quelque chose en particulier, ne plus supporter quelque chose.

Avoir du bol : Avoir de la chance.

Ne pas y aller avec le dos de la cuillère : Y aller franchement. Agir sans modération. Faire les choses carrément.

 Être à ramasser à la petite cuillère : Etre dans un mauvais état physique.

À la louche : Environ, approximativement, à peu près ou en grandes quantités.

Être louche : Être suspect

Ce n’est pas de la tarte : Ce n’est pas facile.

La lune de miel est le mois (lunaire) suivant les noces. Ces 29 jours, supposés les plus heureux du jeune couple, sont souvent consacrés au voyage de noces, si bien que l'expression lune de miel désigne souvent ce voyage exceptionnel.

Tenir des propos mielleux : D’une douceur exagérée et hypocrite.

Verser de l’huile sur le feu : Cette expression date du XVIIe siècle, elle fut employée par Mme de Sévigné. On comprend le parallèle entre le caractère inflammable de l'huile qui va attiser un feu au lieu de l'éteindre et une personne qui aggrave une situation au lieu de la résoudre.

Tout baigne dans l’huile : Cette expression date du XXe siècle et prend ses origines sur les établis de bricolage. En effet, lorsqu'un mécanisme est rempli d'huile, il fonctionne bien et tout va pour le mieux. Ainsi, par extension, la formulation est employée dans le langage familier pour dire que tout va bien, que tout est sous contrôle.