Le vocabulaire du vin est d'abord imagé. La métaphore est ici de rigueur, en raison de l'impuissance de la langue à rendre suffisamment de précision des sensations infiniment subtiles et fugaces. Ainsi les mots se suffisent-ils souvent à eux-mêmes : ils seront à connotation corporelle( un vin maigre, fluet, corsé ,charnu ,robuste , nerveux.......) ou textile (un vin soyeux ,velouté ,étoffé ...........) ou bien encore feront appel à des notions physiques élémentaires ( un vin mou , plat, tendre, souple, solide ,ferme, dur , rugueux............)Point n'est besoin de lexique ou de glossaire pour découvrir le sens des mots aussi simples , qui forment pourtant l'essentiel de cette terminologie. Le vocabulaire du vin, ensuite n'est pas figé. Comme l'ensemble de la langue, il obéit à l'évolution sémantique : on ne parle plus du vin aujourd'hui comme on en parlait au XVIII siècle. Les néologismes, loin de l’appauvrir, sont au contraire les bienvenus. Le vocabulaire du vin, enfin, possède son petit monde folklorique. Ce sont des expressions joliment imagées, comme par exemple :" faire la queue de paon" pour un grand vin dont l'arôme et la saveur envahissent la bouche et y persistent longtemps :" avoir le bonnet sur l'oreille" pour un vin sur le déclin :"tomber en dentelle" pour un vin complètement passé ou encore " avoir de la cuisse" pour un vin dont la chair est ronde et pleine. Ces formules gentiment désuètes n'apportent d'ailleurs pas grand chose sinon le plaisir.

Foncièrement, libre et subjectif, le langage du vin n'a donc aucune raison de vous intimider. Il est le langage de tout le monde, simplement appliqué à un objet précis. Pour vous aider néanmoins, quand vous aurez reposé votre verre

ACIDE : picotant plus ou moins les papilles gustatives. Tout à fait normale, l’acidité contribue à l'équilibre et à la longévité du vin. Trop marquée chez un vin rouge, elle dénote une maturité insuffisante du raisin.

AIGRE : saveur désagréable produite par l'action des bactéries acétiques, qui ne tarderont à transformer le vin en vinaigre.

AMPLE : se dit d'un vin qui s'exprime largement en bouche. Il est généralement doté d’une bonne longueur.

APRE : rude au palais. Signe des vins trop chargés en tanin.

ASTRINGENT : provoquant une réaction des gencives. C’est le propre, dans leur jeunesse des vins tanniques.

BOUQUETÉ: se dit d'un vin qui exhale franchement son parfum. Le bouquet se décompose en bouquet primaire (spécifique de la variété du raisin) , bouquet secondaire ( lié au travail des levures au cours de la fermentation ) et bouquet tertiaire ( le plus mystérieux, résultat du vieillissement du vin).

BRILLANT : se dit d'un vin dont la robe, parfaitement limpide, scintille à la lumière.

CAPITEUX : riche en alcool et donnant une impression de chaleur.

CHARNU : qui offre une consistance réelle, quasiment palpable. La chair est la marque des vins riches en glycérine.

CHARPENTE : qui possède un corps robuste, appuyé sur l'alcool mais également sur les autres constituants du vin.

COMPLET : qui présente une parfaite constitution, dont toutes les qualités sont fondues en un ensemble harmonieux.

CORSE : dont la force naturelle repose sur un degré alcoolique élevé.

COULANT : se dit d'un vin fluide et souple qui glisse facilement, sans accrocher par un caractère prédominant.

COURT : dont l'arrière goût est fugitif.

DUR : qui râpe la langue, généralement à cause d'un excès de tannin ou d'acidité. Chez les grands vins, ce défaut s'estompe avec l'âge.

EPANOUI : se dit d'un vin dont toutes les qualités sont à leur sommet. Un vin épanoui ne gagne rien à vieillir.

ÉQUILIBRÉ : qui réalise l'accord parfait de ses éléments (alcool, sucre, tannin, glycérine, acides) et dont aucun n'écrase l'autre.

ETOFFE : se dit d'un vin corsé qui déploie sa force avec ampleur et douceur.

FERME : dont les caractères sont bien soutenus, mais avec une certaine froideur, une certaine constitution.

FIN : qui exprime un bouquet et un goût subtils. La finesse n'exclut pas une robuste constitution.

FRAIS : qui montre les caractères (arôme, fruité, acidité) de la jeunesse. Se dit également d'un vin plus vieux qui conserve ces qualités.

FRANC : on dit d'un vin qu'il est franc, quand il procure des sensations nettes et ne livre aucun faux goût.

FRIAND : se dit d'un vin jeune dont le fruité flatte agréablement les papilles.

FRUITÉ : dont l'arôme et la saveur évoquent le raisin frais. Le fruité caractérise surtout les vins jeunes.

GÉNÉREUX : qui possède une nature chaleureuse, fondée essentiellement sur une bonne richesse alcoolique.

GOULEYANT : se dit d'un vin très fruité, qui coule facilement en bouche. Expression qualifiant en particulier le Beaujolais primeur.

GRAS : qui possède une chair ronde et onctueuse, fondée sur une importante teneur en glycérine.

HARMONIEUX : qui ajoute de la grâce à l'équilibre parfait de ses constituants.

LÉGER : s'applique à un vin de faible teneur alcoolique, dont les caractères gustatifs restent sur un mode mineur.

LIMPIDE : dont la robe ne présente aucun trouble.

LONG : qui procure des sensations persistantes, après avoir été avalé. C’est le propre des grands vins.

LOUCHE : dont la robe est troublée par un voile (signe d'une fermentation, d'une casse) .

LOURD : qui est trop épais, trop chargé en alcool et se révèle indigeste.

MACHE : on dit d'un vin qu'il a de la mâche lorsqu'il possède, une certaine consistance, de telle sorte qu'on a l'impression de le mâcher.

MAIGRE : se dit d'un vin qui ne possède ni chair, ni corps. Si l'on est plus gentil, on le dit "mince".

MOELLEUX : qui possède une forte teneur en sucre, consécutive au type de vinification. De manière plus générale, évoque un vin velouté, qui tapisse agréablement la langue et le palais.

MORDANT : dont l'acidité est quelque peu agressive.

MOU : se dit d'un vin complètement plat, sans aucune nervosité (par manque d'acidité).

NERVEUX : qui possède de la vigueur, appuyée sur une certaine acidité.

NET: on dit d'un vin qu'il a " du nez" lorsque son bouquet est particulièrement développé.

PLAT : qui est sans corps, sans nervosité, sans saveur affirmée.

PUISSANT : se dit d'un vin qui a beaucoup de charpente, de corps et d'étoffe.

RACÉ : qui répond avec finesse aux caractères spécifiques de son origine.

ROND : qui a de la souplesse, du gras, une chair bien enveloppée.

SEC : dont la teneur en sucre est infime (vins blancs) .S"emploie parfois pour un vin rouge lorsqu'il manque de moelleux.

SEVEUX : dont la richesse alcoolique s'accompagne d'une saveur forte et parfumée.

SOUPLE : qui coule facilement, sans heurter le palais par de la rudesse ou de l'astringence.

SOYEUX : qui possède une très forte souplesse, avec un soupçon de moelleux.

TENDRE : qui est souple, délicat et de faible acidité.

TUILE : se dit d'un vin rouge, dont la robe a pris une teinte chaude, tirant sur le brun orangé des tuiles anciennes.

VELOUTÉ : qui procure au palais une sensation de douceur et d'onctuosité.

VERT : se dit d'un vin jeune, dur et trop acide.

VIF : qui possède une nervosité légèrement mordante.

VINEUX: qui affirme en bouche sa richesse alcoolique.

 

APPELLATION

Indication capitale, puisqu'elle prouve l'origine du vin, elle existe ou n'existe pas. Un point c'est tout. L'obtention d'une appellation suppose en effet pour le vin qu'il réponde à des exigences précises, régies par la loi : limitation géographique de l'aire de production, encépagement autorisé, rendement fixé à l'hectare, degré alcoolique minimal, procédés de vinification, dégustation (en principe) obligatoire. Hors d'elle, point de salut (exception faite du cas, aussi rare qu'insoupçonnable, d'un vin d'origine déclassé en vin ordinaire).

NOM ET ADRESSE DU PROPRIETAIRE

Ils sont la reconnaissance en paternité du vin que vous allez boire. De plus en plus les récoltants pratiquent eux-mêmes la mise en bouteilles. Leur nom apparaît suivi de leur qualité : en général viticulteur ou propriétaire. Quant à l’adresse, il faut qu'elle figure dans l'aire officielle de production. Si elles sont seules, ces indications prouvent que vous êtes en présence d'un vin d'authentique origine , qui n'est passé par aucun intermédiaire avant d'être enfermé sous le verre. Si un autre nom ou une autre adresse figurent à côté de ceux du propriétaire, vous avez affaire à un vin issu du domaine mentionné, mais qui a été élevé , mis en bouteilles et commercialisé par un tiers , généralement un négociant. Mais le négociant peut aussi bien proposer le vin sous sa seule signature au besoin en doublant l'appellation par une marque dont il a l'exclusivité. Il en est de même pour le caviste détaillant qui embouteille lui même et qui est tenu de l'indiquer sur l'étiquette.

MISE AU DOMAINE

La mention mis au domaine ou mise en bouteilles à la propriété ou encore mis en bouteilles au château est une garantie supplémentaire d'origine car elle écarte normalement de trop nombreuses manipulations avant l’embouteillage. En revanche, l'expression mis en bouteilles dans la région de production est beaucoup plus lâche et ne doit pas vous abuser : elle implique presque à coup sûr un changement de lieu et de mains avant cette ultime opération. De même que l'expression mise en bouteilles à la propriété par ..... suppose que l'opération n'a pas été effectuée par le propriétaire mais par un tiers. Quand à cette mention concernant un vin de coopérative elle n'a absolument aucun sens.

MILLESIME

Il n'est pas obligatoire mais pour des raisons évidentes, il représente une indication particulièrement précieuse surtout lorsqu'il s'agit de vins de primeur ou à l'inverse de longue garde. Si le millésime est présent, cela prouve que le vin ne provient pas d'un assemblage de cuvées d'années différentes. Il doit de préférence figurer sur l'étiquette même plutôt qu'isoler sur l'épaule de la bouteille.

NOM DU CRU

Quoiqu'il s'agisse d'une précision qui renforce la valeur de l’appellation, l'indication d'un nom de cru n'obéit à aucune réglementation générale, en dehors de ceux qui sont répertoriés par des classements officiels. La notion de cru désigne un vin issu d'un terroir particulier et d’une qualité supérieure à l'appellation.

MENTIONS ANNEXES

En dehors de celles qui précédent, vous pouvez trouver sur l'étiquette des indications complémentaires, qui parfois seront précieuses. Elles peuvent parfois signifier un mode de récolte particulier ou de vinification : par exemple "mis sur lie" pour le MUSCADET, "vin de paille" pour les vins du JURA,"crémant" pour le CHAMPAGNE, "primeur" pour les BEAUJOLAIS, ou "vendanges tardives" pour L'ALSACE ou désigner le cépage qui rentre exclusivement dans la composition du vin. L’étiquette principale peut être accompagnée d'une étiquette complémentaire : sceau de garantie d'une confrérie, distinction honorifique " médaille d'or , argent ou bronze" , ces étiquettes n'ont qu'une valeur relative.

  Extrait du grand livre des vins

de "MICHEL MASTROJANNI"
Editions SOLAR