LE POINT SUR 10 IDÉES REÇUES

 

Le bio est plus cher 

 

Vrai. Parce qu’il nécessite plus de main-d’œuvre et que ses rendements sont plus faibles. Mais aussi car les prix sont abusivement gonflés. Les marges de la grande distribution sont en moyenne deux fois plus élevées pour les produits bio que pour les autres. Comparez ! 

 

Le bio ne contient pas de pesticides

 

Vrai. Le cahier des charges du label européen le plus connu, AB, est très strict sur cette question. Mais il ne stipule pas, par exemple, qu’il faudrait s’installer sur une parcelle éloignée des zones polluantes (autoroutes, incinérateurs) ou dont on aurait au préalable examiné la qualité du sol (ce qui explique que laits ou œufs bio puissent être malgré tout contaminés en dioxines). 

 

Le bio est 100 % naturel

 

Faux. Une cinquantaine d’additifs, parmi les moins nocifs, sont autorisés en bio (contre plus de 300 dans l’industrie conventionnelle), et 8 conservateurs (contre 50). C’est mieux que le non-bio. Mais la charcuterie bio peut légalement contenir des nitrites, et le vin bio des sulfites (ainsi qu’une cinquantaine d’intrants et d’additifs). Préférez les charcuteries sans nitrites, et le vin de petits producteurs dit « naturel », même si ce n’est pas un label agréé. 

 

Le bio est meilleur pour la santé
Vrai et faux. Vrai parce que la qualité nutritionnelle des fruits et légumes est plus importante : ils contiennent plus de vitamines et de sels minéraux que les autres. Les laitages bio ont une teneur en oméga-3 nettement supérieure aux autres, car les animaux se nourrissent davantage d’herbages que de céréales. Mais ce n’est pas vrai pour tous les produits transformés : il n’y a aucune obligation d’équilibre nutritionnel des recettes. Bio ou pas, la junk food est tout aussi grasse et sucrée ! 

 

Le bio est forcément écolo
Faux. Le label AB peut être apposé sur des produits qui ont voyagé à travers le monde, et qui affichent donc un bilan carbone déplorable (bananes ou ananas, par exemple). D’autres nécessitent trop d’eau (avocats) et/ou entraînent de la déforestation (quinoa ou huile de palme, légale en bio). Et le bio peut être emballé dans autant de contenants en plastique que les autres produits. Mais, puisqu’il n’a pas recours aux pesticides, il est, de ce côté, plus respectueux de l’environnement. 

 

Le bio est meilleur au goût
Vrai. C’est souvent le cas pour les produits non transformés. Faites le test en comparant une pomme traitée plus de 15 fois par des produits chimiques et une pomme bio du verger d’à côté. 

 

L’origine du bio est contrôlée
Faux. Le label AB peut être apposé sur des huiles d’olive, des miels... composés de produits de différentes provenances, avec une étiquette « Provenance : UE et hors UE ». Plus de la moitié des fruits et légumes bio consommés en France sont importés, parfois de pays hors Union européenne dont la législation est plus laxiste ou dans lesquels les contrôles sont inexistants. Préférez donc l’origine « UE ». 

 

Les labels bio sont fiables
Vrai. En tout cas, pour la plupart d’entre eux (AB, Ecocert, Bio Cohérence, Nature & Progrès, Demeter ou Biodynamique). Mais les contrôles et sanctions sont parfois insuffisants. En outre, les contraintes pourraient être renforcées, notamment en ce qui concerne la pollution de l’air ou des sols, ou encore le bien-être animal. 

 

Le bio lutte contre les exploitations industrielles
Faux. L’essor du bio pousse à produire plus, quitte à en dévoyer l’éthique. Un risque dénoncé par la pétition « Pas de tomate bio en hiver », lancée en mai 2019 par des agriculteurs bio, des ONG (Greenpeace, Fondation Nicolas Hulot et Réseau Action Climat) et des chefs cuisiniers (parmi lesquels Iñaki Aizpitarte, du Chateaubriand, ou Adeline Grattard, du Yam’tcha). En disant « Non à l’industrialisation de la bio ! », ils demandent entre autres l’interdiction du recours en France à des serres chauffées pour produire des fruits et légumes labellisés. 

 

Le bio vaut toujours mieux que le non-bio

 

Vrai. Produits bruts et transformés sont de toute façon moins pollués que les autres... Ce qui ne dispense pas de garder l’œil ouvert sur leur provenance, leur composition, leur prix, leur bilan carbone... 

 

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